Quiproquos et compagnie

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Mercredi, 1 Août, 2012
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Le parrainage comme instrument de lutte contre les discriminations : un point sur les atouts et les limites du dispositif.

D’abord destiné à aider les jeunes en difficulté d’insertion professionnelle, le parrainage est également devenu, grâce à une circulaire de 1999, instrument de lutte contre les discriminations, pourtant le dispo- sitif souffre de dysfonctionnement qui, dans la pratique, ne lui permettent pas d’atteindre pleinement cet objectif. La lutte contre les discriminations s’avère, en fait, particuliè- rement éloignement des préoccupations quotidiennes des acteurs du terrain. C’est le constat que fait le CREDOC dans une étude publiée fin 2001. Si le rapport pointe les im- précisions des textes officiels qui règlement le parrainage, il souligne néanmoins que les limites du parrainage ne sont pas tant dues à la nature des dispositions prévues dans les circulaires qu’à leur non-application sur le terrain.


Le positionnement des acteurs du parrainage face à la lutte contre les discri- minations.

Si aucun ne nie l’existence de pratiques discriminatoires à l’embauche les structures, les parrains et les entreprises ne retiennent pas la lutte contre les discriminations comme finalité principale du parrainage. Tout est, selon eux, une question des compétences des jeunes, mal adaptées au monde du travail. Les stratégies de recrutement des entreprises sont déterminées par l’image négative que les employeurs ont de la jeunesse, et, par suite, par leur crainte d’embaucher des personnes qui pourraient ne pas leur donner satisfaction. La lutte contre les discriminations passe avant tout par un changement dans l’attitude des jeunes et non par une modification des pratiques de recrutement des entreprises. Le parrainage contribue alors, pour, eux à lutter contre les discriminations en modifiant l’attitude des jeunes plutôt qu’en agissant sur les pratiques des entreprises.


Le flou des textes officiels

Les textes ne reconnaissent pas de manière claire la part des responsabilités des entreprises dans les pratiques discriminatoires à l’embauche et préconisent peu de moyens d’action pour tenter de modifier ces pratiques. Les fonctions du parrain sont clai- rement définies dans les circulaires, en ce qui concerne la mise à niveau et l’adaptation du jeune au marché du travail, mais restent floues en ce qui concerne les actions à mener auprès des employeurs en matière de lutte contre les discriminations.

L’ambiguïté se retrouve notamment dans la définition de la médiation qui, au fil des différentes circulaires, voit son importance atténuée et se retrouve assimilée à un simple rôle d’accompagnement. Or la médiation constitue l’un des moyens d’action les plus efficaces en matières de lutte contre les discriminations en ce qu’elle rassure l’employeur sur les qualités du postulant voire qu’elle brise les éventuels préjugés qu’il peut avoir à l’encontre du jeune.

 

Les réticences des acteurs à l’égard de la médiation

Les structures-support et les parrains ne sont pas toujours favorables à la médiation auprès des entreprises au motif que celle-ci va à l’encontre de la logique et du processus d’autonomisation du parrainé. Hormis les jeunes les plus en difficulté d’insertion, les parrainés expriment les mêmes réti- cences. Ils reconnaissent en avoir besoin, mais ont peur que la médiation soit assimilée à du piston, qu’elle remette en cause leur aptitudes a être autonome et qu’elle soit comprise par l’employeur comme un signe de faiblesse et l’expression d’un be- soin d’assistanat. Or, le rapport révèle que l’employeur pense exactement l’inverse : le parrainage est pour lui signe que le jeune qui lui est recommandé à une forte volonté d’insertion ; la médiation est, de plus, appréciée parce qu’elle lui « évite de perdre son temps » avec des candidats non préparés.

En éludant le recours a la médiation, les structures et les parents font du parrainage un dispositif qui, dans les faits, échoue par rapport à un objectif, celui qui est d’agir sur les pratiques de recrutement des entreprises, et ce même si le parrainage a fonctionné du côté du jeune en lui prodiguant soutient et conseil. Les structures se résument alors à offrir aux entreprises une aide au recrutement et se faisant, un procédant à la présélection des meilleurs candidats, se conduisent en « super agences de placement». Une fois de plus, la lutte contre les discriminations devient une dimension très limitée par les pratiques des structures organisatrices du parrainage.

 

Les retombées positives du parrainage

Le parrainage facilite néanmoins l’accès à l’emploi des jeunes issus de l’immigration et les aides à affronter dans de meilleures conditions et les pratiques discriminatoires. C’est en ce sens que le CREDOC souligne les retombées positives du parrainage. Les jeunes reprennent confiance en eux et savent mieux valoriser leurs compétences et qualifications auprès des employeurs. De ce fait, le parrainage joue également sur les représentations qu’ont les entreprises, mais aussi les parrains, sur les jeunes issus de l’immigration. Le caractère positif de ce bilan repose donc essentiellement sur la qualité de l’insertion professionnelle des jeunes et non sur la volonté des acteurs de terrain qui n’ont as encore intégré la lutte contre les discriminations dans leurs stratégies respectives. Or le CREDOC observe que, quand le parrain a intégré cet objectif et a agi comme médiateur entre le jeune et l’entreprise, le parrainage fonctionne comme l’ambitionnaient les textes et représente un véritable atout pour aider à modifié les préjugés éventuels des employeurs et affaiblir les tentations discriminatoires.

Plus les acteurs du parrainage adhèrent à l’objectif de lutte contre les discriminations, plus ils permettent au dispositif de jouer son rôle. Outre une clarification des principes fondateurs, la mise en place de moyens d’actions efficaces dépendra du niveau de sensibilisation des acteurs et de leur responsabilisation sur le caractère crucial de l’insertion professionnelle des jeunes et de la discrimination à l’embauche. Reste à trouver les meilleurs moyens d’y parvenir.

 

Géraldine Bilionière

 


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