Interview : Gilles Poux, « Je souhaite un débat national sur ces questions relatives aux quartiers populaires »
Karim Omarjee : En mai dernier, vous avez porté plainte contre Nicolas Sarkozy, Président de la République, devant la Halde, où en est cette plainte aujourd’hui ?
Gilles POUX : La ville a porté plainte auprès de la HALDE, non pas contre Nicolas Sarkozy, mais contre les politiques publiques pour discrimination sociale et territoriale, qu’elles exercent depuis maintenant une trentaine d’années. Notre démarche est assise sur des constats généraux, en comparant ce qui se passe sur le plan national et en matière d’aménagement au sein des quartiers populaires. En même temps, on sollicite des maires pour les informer de la démarche et leur demander de nous soutenir et de s’engager avec nous.
Moi je souhaite que ça permette de faire un débat national sur ces questions relatives aux quartiers populaires.
K.O : Sur les 150 maires sollicités, combien ont répondu positivement ?
G.P : Pour le moment une quarantaine de maires ont exprimé leur solidarité, mais chacun avec ses spécificités, naturellement. On poursuit notre travail pour que, courant 2010, on puisse rencontrer des élus, des associations, sur cette question de la maltraitance de toutes ces grandes cités populaires de France, qui sont délaissées et dans une situation d’oubli.
K.O : Et le plan « Espoir Banlieues » de Fadéla Amara, Secrétaire d’Etat chargée de la Politique de la Ville ?
G.P : Je ne conteste pas les bonnes intentions, cependant on reste dans des démarches qui ne sont pas en situation d’inverser les logiques en œuvre dans ces territoires. Et ça ne date pas d’aujourd’hui. Dans les années 90, François Mitterrand, alors Président de la République », avait déclaré : « Je me donne cinq ans pour régler la question des quartiers populaires ». Mais on est resté à des « mesurettes » qui ne prennent pas en compte les décrochages sociaux dans ces quartiers et, avec la crise aujourd’hui, ce sont les populations de ces mêmes quartiers qui en sont les premières victimes.
K.O : Vous avez exprimé votre scepticisme sur le Projet de « Grand Paris »…
Je ne suis pas d’un naturel sceptique. Mais les grandes déclarations, par le Président de la République, qui promet 35 milliards d’euros pour les transports moi je dis « Chiche Banco » !
Après je veux voir ce qui va être mis sur la table. Avoir un véritable projet, sur la métropole parisienne, qui permette d’apporter de réelles réponses à l’ensemble des questions sur le transport et qui vise à développer l’économie sur la région parisienne. Si cette ambition se traduit par des moyens, dans ce cas là, pour des départements, comme le mien et d’autres quartiers populaires, un tel projet pourrait être, en effet, bénéfique.
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