Marie Roger Biloa: Une Afrique doit renaître de ses cendres

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Vendredi, 23 Avril, 2010
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Marie Roger Biloa, Directrice du mensuel Africa International. Elle est également rédactrice en chef du magazine Ici-Les gens du Cameroun.

“Mon père, Germain Tsalla Mekongo,  a été l’une des figures de l’indépendance, il a été ministre de finances dans le premier gouvernement camerounais au lendemain de l’indépendance sous Ahidjo (qui fut placé à la présidence du Cameroun par l'État sans légitimité). Il était issu d’un mouvement d’opposition modéré et non pas radical, sinon il n’aurait pu accéder au pouvoir. J’ai donc grandi dans une maison où il y avait des meetings politiques, des rencontres etc.… A l’école il y avait comme une espèce de chape de plomb car bon nombre de sujets ne pouvaient pas être évoqués et notamment au sujet de ce que l’on appelait les « terroristes» ou « éléments subversifs », ces termes qui qualifiaient les resistants indépendentistes étaient bien souvent employés à l’époque.
Ces « terroristes » et ces « éléments subversifs » n’étaient autres que les personnes qui se battaient, arme à la main, contre le système colonial français et qui ont été  assassinés ou durement réprimés et écartés de l’accès au pouvoir.

Ma vie d’enfant était aussi rythmée par les emprisonnements de mon père. Il fut arrêté à chaque début de campagne politique, de façon à ce qu’il ne se présente pas et fut relâché dès que les votes étaient effectués.
L’accès à l’indépendance a été un arrangement entre le pouvoir colonial et les mouvements les plus dociles et les plus malléables. Au lycée, des noms étaient tabou comme Ernest Ouandié, Ruben Um Nyobe… tous ces leaders du mouvement d’indépendance étaient bannis de notre mémoire parce qu’ils étaient considérés comme terroristes et les gens y croyaient, preuve de la force et de l’efficacité de la propagande coloniale de l’époque!

Cette histoire familiale, ce contexte dans lequel j’ai grandi m’a certainement influencée dans mon choix pour le métier de journaliste. Vivant à l’étranger, j’ai fortement ressenti ce désir d’Afrique, c’est pourquoi je désirais m’engager dans une activité qui maintienne un lien fort avec ce continent. Le journalisme semblait correspondre parfaitement à mon tempérament, non pas en rébellion face à un pouvoir, mais plus dans un souci de dialogue entre africains et de combat face aux stéréotypes pour révéler la « vraie » Afrique et la richesse de son histoire…afin que l’on cesse de confiner l’Afrique à un rôle mineur.”

Propos recueillis par Nadjib SELLALI

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