L’union des banlieues est en marche !

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Mercredi, 1 Août, 2012
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Pote à Pote n° 6, Janvier 1995

Dans ce papier, l'ancien président de la FNMDP met en lumière les difficultés des associations qui luttent pour survivre alors qu'elles luttent pour le lien social dans les quartiers. Un combat d'actualité encore aujourd'hui...

Onze années après la première marche des beurs des Minguettes, malgré les galères et les obstacles, grâce à l’obstination militante mais aussi grâce aux effets induits de la Politique de la Ville, un tissu associatif des banlieues existe.Leur action a été progressivement reconnue par les « partenaires » même si cela se fait dans un conflit permanent. Cependant, quelque soit la ville ou le quartier, elles rencontrent souvent les mêmes difficultés que l’on peut classer dans trois catégories.

 

Les galères financières

 

Les associations courent toujours après les subventions qui sont difficiles à obtenir mais surtout longues à arriver en caisse. Des associations sont au bord de la dissolution à cause des retards induits par des procédures budgétaires lourdes et complexes. Chaque ministre de la Ville annonce qu’il va réduire les délais, mais sur le terrain, cela devient de plus en plus long, parfois mortel. L’Etat est « hors temps » : à titre d’exemple, vous déposez un dossier en octobre 1993 auprès d’un organisme censé favoriser exclusivement l’intégration. Ce dossier est accepté en août 1994, on vous le notifie en novembre 1994, et vous recevez la subvention en février 1995 pour une action que vous avez démarrée en janvier 1995.

Bon nombre d’observateurs médiatiques et politiques se félicitent du dynamisme associatif des banlieues qui crée du lien social, un plus culturel, et des emplois mais ne bénéficie d’aucun avantage d’un créateur d’emplois. Pourquoi pas une exonération de charges sociales les trois premières années pour une association de banlieue qui crée des emplois ? Cela permettrait une vraie stratégie de formation qualifiante pour les permanents des associations maintenus dans des statuts précaires faute d’argent.

Pourquoi les associations paient-elles plein pot la T.V.A alors que les entreprises la récupèrent ? Il serait équitable qu’une association qui, de fait, arrivée à un certain seuil de développe- ment ressemble fort à une P.M.E, puisse aussi récupérer la T.V.A.

 

La démocratie locale

 

Le plus souvent nées de la confrontation avec le milieu institutionnel – élus locaux, offices H.L.M, administrations décentralisées – les associations des banlieues portent en elles le germe de la contestation, de l’auto-organisation, de l’indépendance et de la citoyenneté.

De ce fait, elles sont, hélas, plutôt mal vécues par les élus locaux. Nous ne connaissons pas une association de ce type qui n’ait pas eu des rapports conflictuels avec son maire, qu’il s’affiche « droite dure » ou « centriste social », « communiste orthodoxe » ou « rénovateur », « socialiste libéral » ou de gauche.

Pourquoi ? Parce que la culture actuelle des hommes politiques reste celles de décideurs uniques qui veulent « contrôler » ce qui se passe dans leurs communes.

Les maires s’arc-boutent sur leur légitimité électorale censée représenter tous les habitants. Ils estiment connaître le mieux les besoins d’une population. De fait, dans les quartiers difficiles, les maires sont élus par une minorité d’habitants, si l’on décompte les immigrés, les non-inscrits, les abstentionnistes et les votes protestataires. De plus, il arrive souvent que les maires hésitent à soutenir les associations des quartiers pour ne pas affronter les critiques de « ceux qui votent » - les personnes âgées du quartier ou les habitants d’autres quartiers plus huppés, qui votent et s’expriment par di- vers biais (associations de commerçants, de riverains, de joueurs de boules, etc).

L’émergence des associations citoyennes pose le problème de la démocratie locale et du partage du pouvoir de décision sur les quartiers. Il est patent qu’une délégation de plein-pouvoir de la population à une équipe tous les six ans n’est plus un outil démocratique suffisant dans des quartiers qui bougent au quotidien, où les associations font figure de syndicat du cadre social de vie.

Il faudrait ajouter à la démocratie électorale municipale actuelle les outils démocratiques de l’entreprise (partenaires sociaux, conseils, commissions paritaires, délégués, etc) adaptés au quartier. Les conseils de quartiers élus par la population serait un début de solution au déficit de démocratie locale mais aucun maire n’en favorise la création.

(...)


Le cloisonnement

 

Accaparés par l’action et la gestion quotidienne, les responsables associatifs des quartiers souffrent d’isolement. L’information circule mal, des initiatives similaires se déroulent dans plusieurs endroits du pays sans qu’elles soient coordonnées. Des opérations nationales sont lancées par les ministères mais n’atteignent pas les vrais intéressés. Des grands médias ou des investisseurs privés veulent apporter leur concours mais par manque de connaissance du tissu associatif, ils s’adressent toujours aux réseaux constitués para-municipaux, eux- mêmes déconnectés d’une fraction importante de la jeunesse.

Il arrive souvent qu’une association se démène d’arrache-pied pour réaliser une action sans savoir qu’une autre l’a déjà fait et pourrait la conseiller utilement.

Dans tous les rassemblements que la Fédération Nationale des Maisons des Potes et l’Organisation des Banlieues Unies ont organisé, les responsables associatifs ont exprimé leur besoin d’échanger les expériences, de mettre en commun leurs efforts pour telle ou telle action, d’être informés régulièrement des initiatives des autres, des adresses utiles, des bons plans, etc.

En plus des échanges réciproques, la volonté de réfléchir ensemble se fait jour soit sur des sujets communs comme ceux précités (financier, politique) ou sur des secteurs d’intervention encore neufs pour la plupart : l’Europe, l’écologie, la coopération internationale, le développement de l’activité économique. Sans compter les problèmes de sociétés auxquels tout le monde est automatiquement confronté : la violence, l’intégrisme, la drogue, le rôle des parents... Les associations des banlieues ne sont pas en recherche d’un porte parole médiatique ou d’un parti politique capteur comme dans les années 80, mais beaucoup plus d’un carrefour des synergies, des intelligences et des expériences en banlieue, d’un cadre collectif d’échanges, d’idées, de services et d’actions communes.

(...) L’union des banlieues est à l’ordre du jour.

 

Eric Montès et Zora Henni

 


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